Samedi, que de découvertes pour nous, français...
Il n’y a pas de raison que je sois épargnée. Et oui, aujourd’hui il n’y a pas de soutien scolaire ou d’école,
et nous avons prévu de sortir visiter quelques trucs, mais me voilà malade… A mon tour de subir la turista. C’est donc Sylvain qui va vous raconter la journée qu’ils ont vécu, la mienne n’est pas
très passionnante…
En fait de journée, c’est surtout de la fin dont je vais vous parler, car
nous avons commencé à bouger assez tard. Le rythme africain et burkinabé, ainsi que la fatigue de cette semaine intense ne nous ont pas aidés à nous organiser
autrement.
Nous avons commencé par la visite du jardin de M. Kéré (un voisin de la
famille de Kassoum), petit îlot de verdure paradisiaque au milieu des maisons et des champs de riz. On y sent la paix, l’amour du travail bien fait et surtout on ne peut que constater qu’il n’y
ménage pas sa peine. Les puits y sont creusés à mains d’homme. L’eau est puisée à la seule force des bras. C’est un travail énorme pour une seule personne. Mais le résultat est là. La menthe nous
accueille à plein poumon à l’entrée du jardin. Les papayers, les manguiers, les baobabs, les pieds de manioc et de gombo y poussent à profusion. Bien d’autres plantes profitent des bienfaits de
M. Kéré, mais je n’ai pas pu retenir tous les noms. Reste les souvenirs de nature, de paix et de générosité qui sont gravés à jamais.
Par la suite nous sommes partis tous à moto pour aller rendre visite à un
oncle et une tante de Kassoum. Ils nous ont accueillis à bras ouverts. Après les présentations d’usage, nous nous sommes installés pour une collation bienvenue après notre périple en moto, et
échanger un peu sur notre voyage et nos activités associatives, puis nous avons visité la maison. Chaque famille que nous visitons est toujours chaleureuse, accueillante, soucieuse de notre santé
et de notre bien être. C’est vraiment quelque chose de marquant ici.
Après cela, nous sommes allés visiter « Ouaga 2000 », le
quartier huppé de Ouagadougou. Comme d’autres personnes étaient déjà dans la famille, nous ne pouvions tous continuer en moto. C’est donc l’oncle de Kassoum qui s’est généreusement proposé de
transporter les personnes restantes avec sa voiture.
En fait de quartier, il s’agit pour l’instant d’un vaste territoire avec
quelques parties construites ici et là. Il a été récemment attribué pour y construire visiblement une vision plus moderne et luxueuse de la capitale du Burkina. On y trouve, pour ce que j’ai pu
observer, des sièges sociaux d’entreprises, des ambassades et consulats, des hôtels de luxe, et une partie résidentielle où nous nous sommes arrêtés pour un rendez-vous informel avec une
connaissance de la famille de Nathalie, qui est à Ouaga comme directeur de la BAO (Banque de l’Afrique de l’Ouest).
Nous avons partagé dans cette magnifique résidence ce que nous, Français,
appelons un « apéritif », en échangeant là aussi sur nos expériences de nos activités avec les enfants. La discussion était moins détendue que dans la famille de Kassoum, mais des
efforts ont été faits pour ne pas nous imposer une distance trop importante du fait de sa fonction, et j’ai trouvé cela appréciable. Après nous avons pu visiter son magnifique jardin agrémenté de
plantes aromatiques (quel bonheur de sentir l’ylang-ylang dès l’entrée dans la demeure !), de statues et de l’indispensable piscine.
La nuit tombant rapidement ici, la suite de nos pérégrinations a continué
dans la pénombre du crépuscule. Nous avons pu néanmoins profiter du monument des martyrs (je ne me souviens plus du nom exact) qui ressemble fortement à une Tour Eiffel en plus trapu et plus
moderne, et du premier et unique échangeur routier de la ville (que l’on peut donc considérer comme curiosité touristique à voir). Ce qui est amusant, c’est qu’il y a des spots qui passent à la
télé pour expliquer aux habitants comment l’utiliser, car personne ici n’en a l’habitude. Il parait même qu’il y a eu des accidents à cause de personnes qui prenaient l’échangeur à contre-sens.
C’est tellement décalé pour nous, Français. Le dernier « monument » que nous avons vu a été la nouvelle présidence du Faso, l’ancienne ayant été abandonnée depuis la création de Ouaga
2000. Nous l’avons vu de loin bien sûr, l’entrée et les photos étant interdites.
Par la suite nous avons été voir l’Hôtel Lybia, un hôtel de luxe en dehors
de la ville, en dehors du temps, et aussi en dehors des réalités burkinabé pour nous qui partageons la vie au quotidien des habitants du quartier populaire de Nonsin. Au début nous étions sensé
n’y aller que pour aller voir une exposition qui s’y tenait. Au final, nous en avons fait le tour chacun sachant que nous aurions peu de chance de pouvoir réitérer l’expérience un jour, encore
moins en tant que client. Tout y est somptueux, grandiose et feutré. Les clients ont accès à une piscine, des cours de tennis, un web-café et sûrement d’autres commodités que nous n’avons pu
observer. Petit détail amusant, dans le hall d’entré se trouve une petite boutique d’habillement qui fabrique des vêtements de qualités, si bien qu’ils ont « habillé » le président du
Faso, Nelson Mandela et d’autres, photos à l’appui.
Enfin, notre dernière étape fût un centre commercial tout neuf situé à
proximité de l’hôtel. Bien nous a pris de nous y arrêter, car nous y avons passé un excellent moment. Les cris de joie ont fusé quand nous avons vu qu’une fontaine se tenait au milieu de la cour
intérieure. D’abord éteinte, quelqu’un a allumé les jets d’eau quand il a vu que certains y trempaient les pieds pour se rafraîchir. Puis les jets simples au départ ont changés pour des jets un
peu plus jolis, et surtout les lumières se sont allumées dans le bassin à la surprise de tous. Ce fût le signe de départ à une liesse commune faite de danse dans le bassin, de rigolades,
d’éclaboussements plus ou moins intentionnels, et de stratégies mises au point pour faire rentrer dans l’eau les plus réticents (pauvre Kassoum… lol). En bref, ce moment fût vraiment inattendu et
à part durant notre séjour.
Pour
conclure sur cette journée, l’intérêt était surtout de nous confronter à une autre réalité et une autre vision du pays et de la ville que celle que nous connaissions depuis une semaine. Et ce fût
pour le moins réussi tant les différences sont énormes. Les bons moments en prime, je peux dire que la journée fût un succès.
Sylvain.